L’Afnor a lancé une consultation publique sur une évolution du clavier azerty pour l’adapter aux spécificités de la langue française. Deux versions « Azerty amélioré » ou « Bépo » sont proposées. Le grand public a jusqu’au 9 juillet pour donner son avis.

 

Plus d’un siècle après son introduction en France, le clavier en disposition dite Azerty s’apprête à bénéficier d’une norme officielle, adaptée à la langue de Molière. Sous l’impulsion du ministère de la Culture (voir le rapport de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France), l’Afnor (Association française de normalisation) vient d’ouvrir une enquête publique qui invite quiconque le souhaite à donner son avis sur le projet d’évolution du clavier informatique français. Les contributeurs peuvent prendre connaissance des propositions et suggérer des améliorations sur la page spéciale créée par l’Afnor.

Cette consultation durera jusqu’au 9 juillet. Après quoi la norme, numérotée NF Z71-300, sera publiée en septembre. « Elle pourra être utilisée par les fabricants mais aussi mentionnée comme référence dans le cadre d’appels d’offres publics ou privés », précise l’Afnor dans son communiqué.

 

En France, jusqu’à présent, la disposition Azerty n’a fait l’objet d’aucune normalisation. Petit rappel historique. La disposition de clavier Azerty est arrivée en France à la fin du XIXesiècle. À l’époque, il s’agissait d’une variante du clavier Qwerty développé aux États-Unis pour les machines à écrire et breveté en 1878. La disposition Qwerty ne répond pas à des règles ergonomiques pour faciliter la frappe mais aux contraintes mécaniques des machines à écrire de l’époque.

En effet, les fabricants avaient constaté qu’avec un clavier organisé par ordre alphabétique, les tiges venant frapper les caractères sur le papier avaient tendance à se coincer entre elles, ce qui obligeait à taper très lentement. De là est née la disposition Qwerty, qui intercale les lettres moins utilisées entre celles qui le sont le plus. Cet arrangement a permis de gagner énormément en vitesse de frappe.

 

Apporter plus de confort de frappe

Les participants à l’enquête publique de l’Afnor n’ont pas à choisir, ils sont invités à s’exprimer sur les deux projets qui feront partie de la norme volontaire. Les fabricants de claviers informatiques et les usagers seront ensuite libres de choisir le modèle qui leur convient le mieux.

Le premier modèle propose une évolution en douceur de la disposition Azerty. L’emplacement des lettres et des chiffres ne change pas, mais on facilite la création des lettres majuscules accentuées et la possibilité de mettre un point sans utiliser la touche Maj. Par ailleurs, le sigle de l’arobase (@) est placé sur la touche A, les ligatures « æ» et « œ » trouvent place respectivement sur les touches Z et O, tandis que le « ù » et le « ç » s’installent sur les touches U et C. Dans la rangée horizontale supérieure du clavier qui comporte les chiffres, les symboles et les lettres minuscules accentuées, les « à », « é », « è » et « ê » se retrouvent respectivement sur les touches 1, 2, 3 et 4.

En haut, la version francisée du clavier Azerty. En dessous, le clavier Bépo qui propose une disposition radicalement différente. © Afnor, Bépo